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Alors qu’il
existe de longue date dans les pays anglo-saxons l’obligation
d’installer, dans les locaux d’habitation, des systèmes
de détection d’incendie destinés avant tout
à tirer les occupants de leur sommeil, le vote d’un
tel dispositif s’est heurté en France à une
indifférence surprenante.
Dans les pays
où cet équipement est obligatoire, le nombre de victimes
aurait baissé, toute proportion gardée, de moitié,
par rapport aux pays où il n’est pas obligatoire.
La preuve de
cette indifférence est qu’une proposition de loi déposée
à la suite d’un incendie ayant causé le décès
de 14 personne en 2005 en Région parisienne n’a été
repris dans aucune loi, alors que près de 10 000 personnes
sont victimes chaque année d’un incendie d’habitation,
principalement nocturne, mais aussi de jour auxquels on attribue
800 décès.
Alors que l’on
pensait que c’était déjà voté,
cette carence vient d’être corrigée par l’Assemblée
Nationale, sous la forme d’un amendement ajouté à
la loi sur le logement, présentée par la ministre
du Logement, Christine Boutin.
Cet amendement
rend obligatoire l’installation de systèmes de sécurité
permettant la détection de fumée, dans un délai
de cinq ans après l’entrée en vigueur de la
loi.
Ce délai
peut paraître long car les détecteurs de fumée
sont des appareils disponibles dans le commerce pour quelques dizaines
d’euros, dont la pose ne nécessite aucun branchement,
à la seule condition de savoir à quel emplacement
le fixer.
Donc, rien
n’empêche de les installer sans attendre l’expiration
du délai de tolérance.
C’est
sans doute pour cette raison, que Christine Boutin a chargé
l’Institut national de prévention et d’éducation
pour la santé de préparer une campagne d’information.
Il est probable
que certains assureurs, qui ont tout intérêt à
la détection rapide de tout incendie, ne manqueront pas d’amplifier
cette campagne, jusqu’à imposer l’installation
des détecteurs, comme c’est le cas pour le ramonage
des cheminées.
Bien que ne
s’agissant, comme déjà dit, que d’une
dépense de quelques dizaines d’euros, le législateur
s’est posé la question de savoir à qui incombe
la pose des détecteurs, au propriétaire ou au locataire.
Un premier
texte voté au Sénat en juillet dernier prévoyait
que ce sont les propriétaires qui devront payer l’installation
de cet équipement.
L’Assemblée
Nationale en a décidé autrement, car pour responsabiliser
les occupants elle a estimé préférable que
ce soient eux qui assument les responsabilités de l’installation
et surtout de la maintenance des détecteurs, qu’ils
soient propriétaire ou locataire.
En fait, c’est
la maintenance des détecteurs une fois installés qui
pose problème, car il faut vérifier périodiquement
leur bon fonctionnement et remplacer leur pile d’alimentation,
selon les indications fournies lors de l’achat.
C’est
aussi l’occasion de se demander si la seule alerte sonore
à l’intérieur d’une maison ou d’un
appartement est suffisante, s’ils sont occupés par
de très jeunes enfants ou par des personnes à mobilité
réduite, en l’absence d’adultes en mesure d’assurer
leur évacuation.
Par ailleurs,
au-delà du détecteur de fumée, il faudra également
penser au détecteur de monoxyde de carbone, qui est un gaz
inodore et incolore mais souvent mortel.
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